Nouveaux tarifs d'achat PV : des avancées réelles mais des
interrogations sur certains choix négatifs pour un développement
optimal de la filière
Cela
faisait bientôt un an que le Ministre d'État, à la suite du Grenelle de l'environnement , avait annoncé le principe de ces
nouveaux tarifs.
C'est désormais chose faite ! Voici les nouveautés dont il faut se réjouir :
-
dès 2010, la prime d'intégration au bâtiment donnant accès à un
tarif d'achat de 60 c€/kWh sera réservée aux solutions
architecturales accomplies ;
- une prime d'intégration simplifiée
créera un tarif intermédiaire à 45 c€/kWh pour les installations
n'assurant pas réellement de clos et couvert ainsi que l'étanchéité
;
- un tarif pondéré selon l'ensoleillement pour les centrales au
sol qui évitera la saturation des régions les plus ensoleillées
(bonus de 0 à 20 % selon les départements).
Les conditions actuelles permettant de bénéficier des 60 c€/kWh seront maintenues jusqu'au 1er juin 2010 pour les projets en cours.
Si vous êtes concernés par ce type de projet ne tardez pas !
Il faut aussi
souligner que, bien que ces nouveaux tarifs marquent une avancée
positive par rapport aux anciens, ils ne sont pas optimisés d'un point
de vue économique. Les investissements qu'impliquent ces nouveaux
tarifs (notamment en termes de CSPE) auraient pu permettre un plus
grand nombre de nouvelles installations.
En l'état, les plus
favorisés semblent être les gros opérateurs du secteur, au
détriment des petits producteurs diffus puisque :
- le tarif
intégré simplifié à 45 c€/kWh n'est pas éligible pour les
particuliers. Ils n'auront donc d'autre choix que de se tourner vers
des solutions intégrées complexes, plus coûteuses et souvent
inappropriées au bâti existant, pour pouvoir réaliser leur projet ;
-
de même l'obligation d'être « dans le même plan » que la toiture
pour bénéficier du tarif intégré simple exclut de fait les toitures
terrasse de bâtiments qui représentent un potentiel très important
accessible à moindre coût (immeubles de bureaux, logements sociaux,
etc.) ;
- la modulation selon l'ensoleillement reste réservée aux
systèmes de plus de 250 kWc, loin de représenter la majorité des
installations. Seuls quelques très grands bâtiments logistiques et
les centrales au sol vont pouvoir en bénéficier !
Alors que
tous les éléments laissaient penser que la France allait enfin
pouvoir bénéficier d'un cadre économique idéal pour développer le
photovoltaïque, le CLER et Hespul regrettent que ces nouveaux tarifs
restent en demi-teinte. Sans tomber dans les écueils des précédents
tarifs, ils ne favorisent pas pour autant l'accès le plus adapté du
plus grand nombre au photovoltaïque, limitant ainsi le marché
potentiel, freinant la décentralisation souhaitable de la production
et n'optimisant pas le soutien économique apporté.
Pour plus d'informations:
- le communiqué de jean-Louis BORLOO du 9 septembre 2009
- le projet d'arrêté
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